Vie du lieu

Lundi 29 Juin 2026

Dans les coulisses du Faitout : enquête sur un projet social aux multiples visages

Voici l'article rédigé par Quentin Fréour ISCPA école de journalisme, communication et production. Suite à une immersion d'une semaine en juin dernier, il a pu rédiger avec ses mots sa vision du Faitout.

Dans les coulisses du Faitout : enquête sur un projet social aux multiples visages

Du 21 au 26 juin j’ai pu m’immiscer dans la vie associative du Faitout, cantine sociale et solidaire à La Mulatière. Loin d’être un simple restaurant, l’établissement se définit comme multi-tâche puisqu’il aide des personnes à s’insérer professionnellement à travers des ateliers de cuisine et de recherche d’emploi, tout en militant pour rendre accessible une alimentation plus saine. Un concept flou en apparence mais qui porte ses fruits

Restaurant social et solidaire pour la clientèle, espace de coworking à l’étage pour diverses associations partenaires, Le Faitout a plus d’un tour dans son sac pour défendre un « pluri engagement ». Insertion professionnelle de personnes fraichement arrivées en France, défense d’une justice alimentaire, réseaux d’entreprenariat, les associations partenaires du Faitout sont diverses mais partagent des valeurs « humanistes ». Lorsque l’on demande au personnel de définir la structure en un mot, ils peinent à le faire. On pourrait penser que leur modèle est décousu, mais quand on creuse, c’est une initiative atypique, certes, mais prometteuse pour le monde associatif de Lyon et ses alentours car de nombreux acteurs font vivre le Faitout.

Ouvert depuis 2023, ce tiers-lieu inclusif a vu le jour grâce à Bellebouffe et Singa. Ces associations œuvrent respectivement pour l’accessibilité à une alimentation saine et écologique pour tous, et pour la mise en relation de nouveaux arrivants sur le sol français avec des personnes locales pour parler d’accueil, d’entrepreneuriat et partager des moments de convivialité.
Ces deux associations qui n’ont à la base rien de commun, ont décidé de regrouper les causes qu’elles défendent en un bloc afin de créer un lieu dédié à l’hospitalité et à la justice alimentaire, au sein du quartier populaire de la Saulaie. Ainsi, des tickets d’invitation sont offerts aux personnes les plus démunies afin qu’elles puissent manger gratuitement. Des tarifs « moitié prix » peuvent également être plafonnés à 8 euros, tandis que les personnes qui ont les moyens payent le repas à 13 euros.

La particularité des services du midi et du soir est qu’il est impossible de prédire à l’avance le nombre de clients puisque certains viennent à l’improviste.

Un fonctionnement « quelque peu stressant » pour Maxime qui ne connait jamais le nombre de plats à l’avance.
Malgré l’unicité de la cantine certaines lacunes organisationnelles paralysent le travail en cuisine.
Heureusement que l’équipe travaille toujours dans la joie et la bonne humeur !

Une dimension évènementielle et engagée.

A l’issue de cette immersion, je me suis mis dans la peau d’un bénévole et j’ai contribué à l’organisation des soirées
du Faitout en partenariat avec d’autres associations. Ce jeudi 26 juin, c’était avec la Société Protectrice des végétaux qu’il y a eu un projet en commun et pas des moindres… L’humoriste, agriculteur et militant écologiste Nicolas Meyrieux s’est produit dans une ferme végétale, à deux pas du restaurant.
Avant que le spectacle commence, deux bénévoles du Faitout sont venus vendre des bières artisanales et quatre autres ont servis les plats de Susana Daza qui cuisinait pour l’occasion. Quoi de mieux que des plats végétariens pour les spectateurs d’un one man show « écolo ».

Après avoir consommé, le public a pu apprécier un spectacle extrêmement critique de nos dirigeants qui « délaisseraient complètement écologique ». Il est difficile d’apprécier le spectacle si la cause écologique n’habite pas notre quotidien mais le public a bien été averti de la nature du spectacle et s’est montré très réceptif. La ferme était bondée et de nombreuses personnes sont venues assister aux discours « crus » d’un agriculteur qui cherche à éveiller les consciences avec humour.
En plus d’avoir eu du succès, cet évènement a permis au Faitout de se faire connaitre encore plus en faisant parler de lui. Une opportunité qui s’est réitérée le lendemain soir grâce à l’invitation de musiciens pour faire danser les adhérents, avec comme toujours, des plats servis aux adhérents avant de profiter du show

Au Faitout, tous les soirs ne se ressemblent pas et le staff n’est jamais à court de projet pour faire vivre l’établissement. Cette absence de ligne directrice organisationnelle semble séduire un public puisque ce sont plus de 2000 adhérents qui sont recensés.
Financièrement la structure tient la route mais la chargée de projet témoigne son inquiétude face à la dépendance des subventions de la métropole : « Notre avenir est incertain, notre sort est entre les mains des élus qui décident ou non de nous subventionner, sans quoi, il est impossibles de financer les repas gratuits pour les plus précaires. Les dons des adhérents ne seraient pas suffisants.»